L’info au quotidien >> Infos

Suisse : Un requérant d’asile nigérian décède lors de sa déportation. Traitement « inhumain » de la police suisse

Publié le 20 mars 2010 par Fred

Un requérant d’asile débouté est décédé à l’aéroport de Zurich mercredi en fin de soirée, avant le décollage d’un avion de rapatriement vers Lagos. Deux Nigérians témoignent et critiquent la police zurichoise, qualifiée d’« inhumaine ».

On ne sait pas grand chose de lui, si c’est n’est qu’il avait 29 ans, était Nigérian, en Suisse depuis 2005. Il avait été condamné à une peine de prison ferme et il refusait de s’alimenter depuis quelques jours.

Mercredi soir, cet homme est mort à l’aéroport de Zurich au moment où il allait être embarqué dans un vol spécial qui devait le ramener, avec quinze autres compatriotes, à Lagos.

Selon le communiqué de la police cantonale zurichoise, il « a essayé de s’opposer à l’expulsion et n’a pu être attaché que par la force. Peu de temps après, il a soudain rencontré des problèmes de santé et ses entraves ont été défaites. »

Malgré l’intervention des secours sanitaires, il est décédé sur le tarmac. Le vol a été annulé.

Interrogée, la police n’en dit pas beaucoup plus. Quels problèmes de santé ? « Il n’était pas blessé, mais comme léthargique. On ne pouvait que difficilement lui parler et son état a empiré rapidement », répond laconiquement le porte-parole Marcel Strebel. Il ne sait pas depuis combien de temps l’homme refusait de s’alimenter.

Le parquet de Winterthour a ouvert une enquête mais rien n’a filtré des premiers interrogatoires, jeudi. L’Institut de médecine légale de Zurich a été sollicité. L’Office fédéral des migrations a provisoirement suspendu tous les vols spéciaux.

 « On nous traite comme des animaux »

Julius et Emmanuel, de leur côté, ont presque tout vu. Ils en sont traumatisés.

Ces deux Nigérians auraient dû quitter la Suisse dans ce vol de nuit d’un genre particulier (les avions partent aux alentours de minuit), depuis Zurich.

De retour au centre de détention romand de Frambois, dans le canton de Genève, ils témoignent de ce qu’ils ont vu à Zurich. « On nous a traités comme des animaux », répète, encore apeuré, Emmanuel.

Julius et Emmanuel expliquent comment « plus de 60 policiers » - pour 16 hommes à expulser - les ont accueilli vers 22 heures à Zurich-Kloten. « Ils nous ont attaché les pieds, les genoux, les mains, les hanches, les bras, le torse et mis un casque comme ceux des boxeurs, racontent les deux hommes. On ne pouvait absolument pas bouger. »

Julius, un grand gaillard d’une quarantaine d’années, dit avoir parlé avec son compatriote décédé, qu’il ne connaissait pas, dans la salle où tous les requérants déboutés sont entravés, avant d’être isolés dans des cabines. « Il avait l’air en forme », dit Julius, surnommé « le médiateur du carcéral ».

 Porté sur une chaise

Julius a été attaché sur une chaise et porté par trois policiers dans l’avion. Mais il est tombé et s’est blessé dans la chute. Emmanuel, lui, a marché, avec ses entraves, jusqu’à l’avion. Apeuré, il dit ne pas avoir parlé avec les autres dans la salle commune. Dans l’avion, les hommes sont détachés des chaises et à nouveau attachés aux sièges.

Les deux hommes, s’ils avaient, jusque là, refusé de partir volontairement, avaient finalement accepté – c’est aussi le rôle du centre de Frambois – le retour au Nigéria. « Je voulais retrouver la liberté, dit Julius, je n’avais jamais été en prison avant cela ».

Julius et Emmanuel ne comprennent pas qu’on attache des gens qui sont d’accord de partir. « Les policiers ont serré les entraves si fort que cela faisait mal. Les policiers vaudois qui nous accompagnaient les ont desserrées en cachette. » D’autres Nigérians pleuraient ou criaient de douleur, selon Julius et Emmanuel.

 « Pour leur sécurité »

La police zurichoise rejette ces critiques. « Les policiers sont des professionnels, affirme Marcel Strebel. Ils attachent sur des chaises seulement ceux qui résistent à l’embarquement ou qui sont trop faibles. Les autres marchent jusqu’à l’avion. »

Selon Marcel Strebel, les entraves et les casques sont destinés à « protéger les hommes contre le mal qu’ils pourraient se faire à eux-mêmes en résistant. » « Et vous savez, nous sommes habitués aux critiques. Nous avons une tâche désagréable à accomplir, et c’est parfois un grand écart entre sécurité et humanité », dit-il encore.

 Manuel pour les cantons

En attendant les premiers résultats d’enquête, l’ODM indique ne pas remettre les vols spéciaux en question. « C’est la seule possibilité, utilisée en dernier recours, pour les personnes qui refusent tout retour volontaire », explique Urs von Arb, chef de la division retour.

Ce décès survient alors que l’ODM est en train d’élaborer, avec des experts policiers des cantons aéroportuaires de Berne, Genève et Zurich, un manuel sur l’application de la loi sur l’usage de la contrainte. « Il est en train d’être finalisé avec les cantons, précise Urs von Arb. Si des éléments nouveaux émanent de ce qui vient de se passer à Zurich, nous le modifierons. »

Le manuel exclut par exemple expressément l’usage d’armes lors de rapatriements forcés ou indique que l’équipe qui va chercher la personne à rapatrier et celle qui l’accompagne dans l’avion doivent être différentes.

 Observateurs indépendants

De son côté, Amnesty International se dit « consterné » par le décès du Nigérian. L’organisation de défense des droits humains exige la présence d’observateurs indépendants.

« La Suisse est obligée de les mettre en place, répond Urs von Arb. Selon la Directive de renvoi de l’Union européenne, nous avons jusqu’au printemps 2011 pour nous doter d’un monitoring. »

« Quelle que soit la solution que nous retiendrons, il y aura de toute façon des observateurs extérieurs à la police et à notre Office », conclut Urs von Arb. Ce qui ne changera plus rien pour le Nigérian décédé mercredi soir, dont le destin tragique ne porte encore ni nom ni prénom.

[Source : Ariane Gigon, swissinfo.ch, Zurich]

Nîmes : 6 mars... manifestaion des sans papiers !
Nous nous sommes rassemblés à plus de 150 personnes le 6 Mars 2010 à Nîmes. Ce rassemblement est de loin le plus important, organisé par des migrants depuis plus de 25 ans. Nous étions des migrants de différentes origines avec ou sans papiers avec nos amis français engagés dans la lutte pour le respect des droits des migrants et leurs familles. J’y bosse, j’y vis, j’y reste…je ne partirai pas Ce fort rassemblement, l’élan de solidarité qui s’est exprimé tout au long de la semaine d’avant avec le (...)
[lire l'article]

La file d’attente de la Honte : « inhumain et dégradant »

Toutes les nuits, devant le bâtiment réservé à « l’accueil des étrangers » - et quel accueil ! - une file d’attente se forme...

Pour retirer un formulaire de régularisation, pour venir chercher sa carte de séjours ou un récépissé ou pour un simple changement d’adresse, des centaines de personnes s’entassent dans le froid dès la veille au soir et ce jusqu’au petit matin.


[lire l'article]

[+ de vidéos]


J’aime partout me sentir libre
La marche des sans-papiers, du 1mai au 3 juin 2010, initiée par le ministère de la régularisation des sans-papiers, fût un moment fort dans la lutte des sans-papiers. Voici un montage audio de 6 min pour faire part de moment de discussions, de discours et de musique qui purent s’échanger lors de cette magnifique expérience collective... La radio du QSP voir également les vidéos sur ce (...)
[lire l'article]

la file d’attente de la honte
« Bobigny c’est un autre pays, ce n’est pas comme à Paris où l’on reçoit une convocation et où l’on passe assez rapidement. Ici même si on est convoqué à onze heures du matin, il faut être là dés le premier métro pour être sûr d’avoir un ticket ! Sinon il faut revenir le lendemain et rater une deuxième journée de travail. C’est comme ça depuis des années, c’est la préfecture la plus dure. » Pour retirer un formulaire de régularisation, pour venir chercher sa carte de séjours ou un récépissé ou pour un simple (...)
[lire l'article]

[+ d'audio]

Infos

Les dernières infos

N’hésitez pas à nous envoyer des informations, nous les publierons sur ces pages.



Le Dernier N°


Numéro 31


L'info au Quotidien

Les Dernières Infos

- Les cinq associations présentes dans les centres de rétention administrative dénoncent unanimement le projet de loi sur l’immigration
- Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité
- La campagne raciste de l’Élysée
- Chasse aux Rroms : Sarkozy passe de la parole aux actes

Communiqués

- Appel à la manifestation anniversaire de Saint-Bernard
- ORGANISONS PARTOUT DES COLLECTIFS CONTRE LA XÉNOPHOBIE !
- Contre la xénophobie d’État
- La sénatrice Verte, Alima Boumediene-Thiery a effectué une visite parlementaire au C.R.A du Mesnil-Amelot, ce lundi 5 Juillet 2010

Témoignages

- Témoignage sur le déroulement du charter Frontex du 10 mars vers le Nigéria
- « LES GENS ÉTAIENT TRAINÉS COMME DES CADAVRES »
- Prison pour étrangers de Plaisir. Jeudi 15 avril
- « 95% des gens sont comme des zombis. C’est normal ça ? »

Vos Messages

- LE MINISTERE DE L’INTERIEUR TENTE D’EXPULSER EN DOUCE UN TEMOIN GENANT
- Comptes-rendu de la marche Paris-Nice
- Marche Paris-Nice : compte rendu de la journée du 5 mai
- Marche Paris-Nice : comte rendu de la journée du 6 mai

Les Derniers Articles

• Les cinq associations présentes dans les centres de rétention administrative dénoncent unanimement le projet de loi sur l’immigration
• 14e anniversaire de l’expulsion de Saint-Bernard
• Appel à la manifestation anniversaire de Saint-Bernard
• ORGANISONS PARTOUT DES COLLECTIFS CONTRE LA XÉNOPHOBIE !

Les + populaires

• Les cinq associations présentes dans les centres de rétention administrative dénoncent unanimement le projet de loi sur l’immigration
• 14e anniversaire de l’expulsion de Saint-Bernard
• Contre la xénophobie d’État
• ORGANISONS PARTOUT DES COLLECTIFS CONTRE LA XÉNOPHOBIE !